... Une perle au cœur des plus grands terroirs à Chardonnay de Côte d'Or.Par Christophe TUPINIER Directeur de la publication. Bourgogne Aujourd'hui
En hommage à Mr Michel Bardet décédé le 5 Décembre dernier, co-propriétaire du Dne Albert Grivault et à un des plus grands vins de Meursault que j'ai dégusté à ce jour Le 1er Cru Clos des Perrières (1996.2001.2008.2015.2017) Entre Deux Verres
Christophe TUPINIER :
" Le Domaine Albert Grivault célèbre cette année le 140ème anniversaire de l’acquisition de son monopole le Meursault premier cru Clos des Perrières. Une perle au cœur des plus grands terroirs à chardonnay de Côte-d’Or:
Le Domaine Albert Grivault, à Meursault, avait célébré le 120ème anniversaire de l’acquisition par Albert Grivault, en 1979, en pleine crise du phylloxera, de son meursault premier cru Clos des Perrières monopole ; il entretient la flamme en fêtant cette année le 140ème anniversaire.
La « flamme », mais quelle flamme au juste ?
Une culture des grands vins blancs de garde, un héritage familial ancien, une certaine conception de la Bourgogne peut-être un peu ancienne mais profondément ancrée dans ses racines ?
La flamme aussi, qui ne s’est jamais éteinte, et Michel Bardet, 81 ans, le reconnaît volontiers, de voir un jour son Clos des Perrières classé en grand cru. « Aucun nouveau dossier n’est en cours, mais nous maintenons sereinement la pression ».
« À Meursault, Les Perrières sont la meilleure parcelle et le vin provenant du cœur de ce cru, Le Clos des Perrières, tient tête à l’incomparable Montrachet », écrit dans son Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays Alexis Lichine, qui dans les années 1950, participa activement au lancement de la vogue pour les grands vins blancs de Bourgogne.
Propriété des familles Bardet et Chevignard (de Beaune), le domaine couvre 6 hectares, dont 5,1 de chardonnay, avec son joyau : le monopole du Clos des Perrières, une enclave et une AOC à part entière de 94 ares 52 centiares dans Les Perrières-Dessous.
La gérance de la société d’exploitation a été confiée en 2004 à Claire Bardet, assistée de son frère Henri Marc, avec un père, Michel Bardet, toujours très impliqué à l’âge de 81 ans.
Les vignes sont travaillées en viticulture raisonnée par trois vignerons en tâche pour les travaux manuels, les rognages et les labours ; les traitements sont effectués par un vigneron de Meursault.
Après des vendanges plutôt précoces qui débutent cinq jours environ après le début des premières récoltes murisaltiennes, les vinifications et les élevages sont réalisés sur des bases classiques : en fûts de chêne (20 % de bois neuf) pendant une dizaine de mois, dans des caves thermorégulées par le sol afin que les fermentations soient terminées avant Noël, suivies d’un mois en cuves pour assurer une vraie homogénéité de chaque cuvée et des mises en bouteilles dans la deuxième quinzaine d’août.
On voit qu’il n’y a rien dans tout cela d’extraordinaire et si les vins défient le temps avec un tel brio, c’est bien, d’abord et avant toute chose, à la qualité du terroir qu’ils le doivent.
Grand cru un jour ?
L’histoire du dossier de classement du Clos des Perrières en grand cru est riche d’enseignements. En août 1992, le jour de son centenaire, Mathilde Bardet, mère de Michel, signa un dossier de demande de grand cru pour le Clos des Perrières, qui dans un premier temps reçu un accueil très favorable ; un vote effectué le 30 mars 1993 par les propriétaires des Perrières sur la base « 1 ouvrée, 1 voix »* se solda en effet par un résultat sans appel : 176 oui et 33 non, sur un total de 209 voix exprimées.
Un nouveau vote réalisé trois ans plus tard, le 15 janvier 1996 en présence des vingt-six propriétaires (à l’époque) en Perrières révéla un tout autre équilibre des forces, puisqu’un tiers seulement souhaitait toujours le classement.
Argument central et pour le moins discutable avancé par le syndicat viticole et l’INAO : la peur d’une « inflation des demandes du même type, qu’il s’agisse des Perrières ou d’autres premiers crus de Meursault », écrit Pascal Laville, chef de centre de l’INAO, à Dijon, dès le 18 janvier 1996.
À chacun ses raisons, mais le plus regrettable dans tout cela n’est-il pas qu’un village comme Meursault n’ait pas encore de grand cru ? Il nous semble qu’il n’y aurait rien d’incongru à ce qu’au minimum Le Clos des Perrières et Les Perrières-Dessous le deviennent.
- *L’ensemble Perrières, Clos des Perrières couvre 13 hectares, 70 ares, 79 centiares = 320 ouvrées.
- Repères : Domaine de 6 hectares environ, dont 5,1 en chardonnay.
- Propriétaires : famille Bardet et Chevignard.
- Gérante : Claire Bardet, depuis 2004.
Cinq appellations au Dne Albert Grivault :
- Meursault premier cru blanc Clos des Perrières monopole (94,52 ares)
- Meursault premier cru blanc Perrières (1 hectare 54 ares 59)
- Meursault-villages blanc Clos du Murger (1 hectare 65 ares 65)
- Bourgogne blanc Clos du Murger (93 ares)
- Pommard premier cru rouge Clos Blanc (89 ares).
Un terroir argileux
Le meursault premier cru Clos des Perrières couvre 94 ares 52 centiares d’un seul tenant et il est clos de murs probablement au moins depuis le XVIIème siècle comme en atteste le style du portail d’entrée. C’est une enclave dans Les Perrières-Dessous, où le domaine possède également 1,55 hectare en deux parcelles : dix ares contre le mur sud du clos et 1,45 hectare d’un seul tenant, 70 mètres environ au nord du clos.
Dans cette partie basse des Perrières, le coteau est de pente faible et orienté vers le sud-est. Des analyses de sol effectuées en 1985 dans le Clos des Perrières et dans la grande parcelle de Perrières ont révélé des différences assez notables.
Le clos est constitué de 46 % d’argile, 30 % de limons fins et grossiers, 24 % de sables avec un sol assez profond d’au moins un mètre. « C’est assez anormal dans le secteur et probablement lié à quelques apports anciens des carrières attenantes », suggère Michel Bardet.
Le sol du Perrières « classique » est constitué à 35 % d’argile, 35 % de limons et 30 % de sables. La proportion plus importante d’argile dans le clos pourrait expliquer cette forme d’opulence que l’on ne trouve pas dans le Perrières du domaine"
La dégustation :
90 ans de Clos des Perrières : 2017, 1928… Franchement, en trente années de Bourgogne Aujourd’hui combien de fois avons-nous eu l’occasion de faire une dégustation verticale aussi étoffée et impressionnante ?
Très peu et la dernière, c’était d’ailleurs il y a vingt ans pour… Le Clos des Perrières déjà. Un événement et un plaidoyer pour le vieillissement des grands vins blancs de Bourgogne.
2017 – 16/20 (91/100)
Belle robe brillante, limpide, or-vert. Arômes purs, délicats, avec des notes empyreumatiques, mentholées, fruitées : pêche de vigne, pêche blanche. Le toucher de bouche est assez suave, gras, tout en conservant de l’élégance, un bon équilibre, le tout avec une finale saline. Beau potentiel !
2016 – 17/20 (93/100)
À noter que Le Clos des Perrières a échappé au gel en 2016… Robe dorée, brillante. Le nez est plus ouvert sur le 2017, un rien plus « solaire » aussi, avec les fleurs sucrées, les fruits jaunes ; les agrumes confits arrivent à l’aération. En bouche, le vin s’exprime sur le registre de la richesse, de la puissance, « trame gustative très riche et puissante, nourrissante d’une maturité très accomplie à très beau potentiel. Très belle expression du terroir », conclut Véronique Girard, œnologue (encadré « La dégustation »).
2015 – 16,5/20 (92/100)
Étonnamment, ce 2015 est presque moins expressif, moins « solaire » que le 2016. Au nez, il conserve un côté aérien sur des notes de fleurs blanches, de tarte au citron, de beurre frais… Le vin est riche (c’est quand même 2015), avec un côté juteux, ciselé. C’est à la fois riche, gourmand, élégant et tendu. Beau potentiel là encore.
2013 – 14/20 (84/100)
Robe or-vert, limpide, brillante. On descend d’un niveau après les précédents millésimes, pour arriver dans un univers plus « frais », plus septentrional, avec des notes fugaces d’agrumes, de fleurs, de grillé… Demi-corps en bouche, avec la noblesse du terroir, la pureté, une belle longueur. À noter que ce vin a divisé l’assistance, certains, à l’image de Martial Jacquey ou Jérôme Prince, louant son classicisme et sa pureté.
2008 – 16,5/20 (92/100)
Robe d’un beau doré, brillante. Nez parfumé, mûr et frais à la fois, avec des notes d’épices, de crème pâtissière, de confiture d’abricot et une note « sucrée » très agréable, liée à la présence de quelques raisins botrytisés à la récolte. Bouche superbe, riche, juteuse, tendue, avec des saveurs citronnées. C’est à la fois gourmand, consistant et tendu. Un vin presque nourrissant !
2006 – 15/20 (88/100)
Arômes expressifs, doux, élégants, de fleurs séchées, avec une note grillée… Le vin est typé 2006, tendre, moelleux, enrobé, fin, avec du fond. On aurait spontanément tendance à l’apprécier dès aujourd’hui et à s’interroger sur son potentiel de garde. Pas Georges Pertuiset, meilleur sommelier de France : « L’évolution est lente, harmonieuse. Je pense que l’on peut encore le garder dix ans.
2005 – 15,5/20 (89/100)
Robe dorée, brillante. Le vin est un peu réduit, il a besoin d’air et peu à peu montent des notes chaleureuses d’épices, de fruits jaunes, de crème de châtaigne… 2005 est un millésime de sécheresse, de raisins aux peaux épaisses, qui manquaient de jus et le vin est encore compact, un peu serré, mais très jeune et bien équilibré. « Attention, cela fait partie des millésimes pièges, auxquels il faut laisser le temps de s’ouvrir », prévient Bruno Huguenin, œnologue.
2003 – 14/20 (84/100)
Beau nez flatteur, doux, expressif, de fruits jaunes, d’épices… qui reflète une maturité sereine, aboutie, sans exubérance excessive dans un millésime aussi torride. Constat différent en bouche, avec un vin à son apogée, un rien confit, encore agréable, mais plus tout à fait en phase avec la race du terroir.
2001 – 17/20 (93/100)
Robe d’un beau doré brillant. Nez ouvert, parfumé par la présence de raisins botrytisés qui ont apporté une forme de sucrosité aromatique qui rappelle un vin liquoreux : fruits jaunes confiturés, miel, épices, pêche rôtie, datte… Le vin est délicieux, à la fois savoureux et frais, long, gourmand à souhait tout en restant juteux, précis. « J’aime la plénitude, l’ouverture du vin. J’ai failli le boire… », commente Julien Wallerand.
1999 – 14,5/20 (85/100)
Robe limpide, avec des notes dorées, ambrées. Arômes joliment évolués d’épices, de miel. La Bourgogne a beaucoup produit en 1999 et le vin n’a donc pas le corps, le fond, la classe des grands millésimes, mais il est agréable, élégant, tout en douceur, savoureux, aérien et nul doute qu’il serait le compagnon parfait d’un beau poisson ou de quelques crustacés.
Un échange studieux et passionnant.
La dégustation s’est déroulée le 10 avril 2019 au Domaine Albert Grivault, à Meursault. Michel Bardet et ses enfants, Claire et Henri-Marc, avaient convié plusieurs personnes à une dégustation qui a pris l’aspect d’un échange studieux et passionnant.
Les vins ont été dégustés du plus jeune au plus vieux en précisant pour chaque millésime l’âge des vignes qui a beaucoup évolué.
Le Clos de La Perrière a en effet été arraché dans son intégralité puis replanté en 1889 et 1944. Dans les années 1980, il a été arraché, puis replanté en deux temps : 1983 et 1986 pour la moitié côté nord, 1985 et 1989 pour la moitié côté sud. Compte tenu de l’évolution du commerce des vins et de la demande, les prochains arrachages se feront probablement par quarts ou cinquièmes.
Dégustateurs présents : Gérémy Gateau (caviste, Vinoboam, à Beaune), Thierry Gaudillère (Bourgogne Aujourd’hui), Véronique Girard (œnologue, Centre Œnologique de Bourgogne, à Beaune), Éric Goettelmann (chef sommelier chez Bernard Loiseau, MOF), Brigitte Houdeline (École des Vins de Bourgogne, à Beaune), Bruno Huguenin (œnologue, Centre Œnologique de Bourgogne, à Beaune), Martial Jacquey (club de dégustation, Le Nez de Saint-Pierre, à Dijon), Georges Pertuiset (meilleur sommelier de France), Jérôme Prince (président des courtiers de France et de Bourgogne), Julien Wallerand (caviste, Le Caveau de Puligny-Montrachet).
Autres vins dégustés : 1995 (13,5), 1989 (13,5).
1996 – 17,5/20 (94/100)
Voilà un millésime qu’il fallait savoir dompter. L’acidité naturelle, très élevée, nécessitait d’attendre que les raisins mûrissent pour atteindre l’équilibre et le domaine y est manifestement parvenu.
Nez profond, complexe, riche et frais, d’agrumes, de fruits exotiques (ananas), de menthol, d’épices, de noisette grillée…
Superbe bouche, riche, on sent les fruits bien mûrs, avec la tension, la longueur, la pureté, l’élégance. « Je suis sidéré par la jeunesse de ce 1996 qui a une tenue dans le temps et une classe exceptionnelle », s’enthousiasme Éric Goettelmann, sommelier.
1992 – 19/20 (98/100)
Après les arrachages de 1983 et 1985, 1992 est la première année où l’on retrouve l’intégralité de la production du clos mais avec une vigne très jeune…
La valeur n’attend manifestement pas le nombre des années, comme le démontre ce vin exceptionnel dans un millésime, il est vrai, très réputé en chardonnay. Arômes riches, expressifs, raffinés, précis de fruits jaunes confits, de fruits exotiques (ananas, mangue), de safran, de pain grillé, de crème anglaise…
Bouche concentrée et aérienne, avec un côté gourmand, « sucré », généreux, solaire sans une once de lourdeur. Un plaisir fou et la grande classe !
1986 – 17/20 (93/100)
On oublie trop souvent la part prise par le botrytis dans l’évolution très agréable de nombreux millésimes de blanc en Bourgogne.
Nouvelle illustration avec ce délicieux 1986, aux arômes rôtis de fruits confits, de miel, d’épices, de grillé, de banane flambée…
Le vin est encore très jeune, à la fois « sucré » et frais, savoureux et précis, le tout avec une belle longueur et beaucoup d’élégance.
1985 – 18/20 (96/100)
Année chaude, 1985 a marqué le renouveau de la Bourgogne…
La robe est d’un doré léger, brillant, encore très jeune. Au nez, la chaleur du millésime s’exprime avec beaucoup de délicatesse, sans exubérance, dans des notes de fruits confits, de safran, d’amande grillée, de vanille Bourbon…
La bouche est sublime, très riche, grasse, juteuse, avec des saveurs fruitées à la fois « sucrées » et acidulée, une grande persistance et beaucoup de race.
1979 – 14/20 (84/100)
Les 94,52 ares du clos ont produit dix-neuf pièces de vins en 1979, ce qui n’est jamais arrivé depuis, et cette récolte abondante se traduit en bouche par un style tendu, bien équilibré, mais un peu léger.
Voilà qui démontre une fois de plus que le chardonay ne s’accommode pas si facilement que certains le prétendent de rendements trop généreux.
Attention toutefois, pour un vin de 40 ans, le résultat est agréable mais il manque l’étincelle…
La sentence finale tombe dans la bouche de Georges Pertuiset : « un bon vin, mais pas mémorable, qui mériterait un passage en carafe ».
1962 – 16/20 (91/100)
Les dix-sept années écoulées depuis le 1979 nous font basculer dans une autre époque avec des notes aromatiques douces à la fois évoluées et ensoleillées : miel, châtaigne, marron glacé, safran, noix…
Le vin évoque un vieux xérès, enrobé, épicé, sucré-sec, fumé et grillé. Déconcertant mais délicieux.
1959 – 19/20 (98/100)
Nous voilà dans un millésime « historique » en Bourgogne qui présente la particularité d’être aussi grand en rouge qu’en blanc.
Robe ambrée, topaze, éclatante. Nez incroyable où se mêlent des arômes de safran, de curry, de miel, de confiture d’abricot, de caramel, de noisette grillée…
Chacun pourra en fait y trouver ce qui lui plaît dans ce foisonnement d’arômes envoûtants.
La bouche est sublime, concentrée, juteuse, précise : « des saveurs miellées, un registre tertiaire à la fois oxydatif, sucré, généreux.
Un vin de nourrissement et de sus… tentation. Une expérience mémorable, un voyage initiatique », s’emporte Véronique Girard.
1947 – 18,5/20 (97/100)
Déguster à quelques minutes d’intervalle un 1947 après un 1959, deux millésimes de légende, ne nous est pas arrivé souvent.
Ce 1947 est là où l’on attend, tout en haut, avec une robe ambrée, acajou… Nez intense de caramel, de baba au rhum, de banane flambée, de raisins de Corinthe, de praliné, complétés d’une nuance truffée…
La bouche est élégante, toute en rondeur, en suavité ; c’est la fameuse « sucrosité sans sucre » décrite dans ces pages par Denis Dubourdieu, grand œnologue bordelais aujourd’hui décédé. Paris-Brest, tarte tatin ? Une pâtisserie…
1937 – 16/20 (91/100)
La note est un peu ridicule sur un vin aussi vieux et si l’on veut bien tenir compte de l’effet bouteille qui peut faire passer du sublime au moyen d’un flacon à l’autre.
Ce 1937 à la robe presque brune, présente des arômes d’une grande complexité : curry, safran, miel, châtaigne, écorce d’oranges…
Le vin est délicat, ciselé et « sucré » à la fois, juteux, frais et raffiné.
1928 – 17,5/20 (94/100)
La robe est caramel, peut-être un peu trouble et alors ? Quel nez encore, à plus de 90 ans, avec des notes subtiles de miel, d’épices, de châtaigne, de grillé, de café…
Le vin a plus de fond, de matière, de chair que le 1937, avec beaucoup de classe, un côté tendre, gourmand, délicat, presque émouvant… "
Christophe TUPINIER
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