Peu de vins peuvent revendiquer le statut de « mythique », et chacun place le mythe où il veut ! Un vin mythique est un vin dont le nom est entré dans le patrimoine culturel, dont l’évocation renvoie à la fois à l’histoire, à l’excellence, à la rareté, souvent au luxe, parfois au mystère tant les occasions de les goûter sont rares pour le commun des mortels.
Ou bien serait-ce un vin dont le nom, est rentré dans le patrimoine émotionnel du dégustateur, proche du cœur et loin du rapport à tout ce qui brille !
En les goûtant, on goûte toujours un peu plus qu’un vin. Ces expériences sont à la fois un voyage gustatif, car à la dégustation ces vins tiennent leur rang, avec ce supplément d’intensité, de complexité, de finesse et de longueur que l’on attend d’eux, et un voyage dans le temps et dans l’imaginaire qui leur est associé.
Château Grillet (Monopole)
L’histoire & les hommes
Une histoire millénaire. Dès le premier regard, la force du lieu saisit. À flanc de coteaux, blotti entre Vérin et Saint-Michel-sur-Rhône, le vignoble de Château-Grillet ,4 hectares d’un seul tenant, s’impose dans toute sa splendeur. Cet amphithéâtre naturel, baigné de lumière, façonne l’un des plus anciens et des plus grands vins blancs de France.
Les origines de Château-Grillet remontent à l’Antiquité : les légendes racontent même que l’empereur Probus, fin gourmet et grand amateur de vins rhodaniens, y aurait introduit, au IIIe siècle, des plants de vigne venus de Dalmatie. Les coteaux « grillés » par le soleil ont donné leur nom à ce lieu spectaculaire.
La réputation du vin s’est bâtie au fil du temps, célébrée par les monarques, les écrivains et les grandes tables, séduits par sa rareté et sa noblesse.
Longtemps propriété de familles bourgeoises lyonnaises, le domaine devient un refuge pour esprits brillants. En 1648, le géomètre et architecte Girard Desargues, conseiller de Richelieu, s’y retire pendant la Fronde. Son ami, le philosophe et polymathe Blaise Pascal, y séjourne en 1652, évoquant le vin dans ses pensées.
A la fin du XVIIIe siècle, les vins de Château-Grillet sont présents sur les tables et dans les caves des grands de ce monde. La visite de Thomas Jefferson en 1787 à la propriété en atteste, tout comme un inventaire réalisé en 1814 dans la cave du Château de Malmaison, résidence de l’Impératrice Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Ier. Celui-ci mentionne, parmi les meilleurs crus, 296 bouteilles de Château-Grillet. En 1829, c’est James Christie qui acquiert des bouteilles de Château-Grillet pour le compte du roi d’Angleterre George IV. La renommée de ces vins est donc déjà fortement établie, leurs prix égalant voire surpassant ceux des crus d’Hermitage et de Côte-Rôtie. Grand pionnier de la cuisine moderne et premier chef à obtenir trois étoiles au Guide Michelin, Fernand Point (1897-1955) sera l’un des plus fervents ambassadeurs du domaine et de ses vins au XXe siècle. Dans le temple de la gastronomie française qu’était son restaurant La Pyramide, à Vienne, Château-Grillet fut maintes fois mis à l’honneur, comme en témoigne la riche et savoureuse correspondance qu’il entretenait avec M. Gachet, alors propriétaire.
C’est aussi à cette époque que Maurice-Edmond Saillant, dit Curnonsky (1872-1956), grand critique culinaire français, publie sa célèbre quinte : « Les Cinq de Curnonsky ». Il y célèbre les cinq meilleurs vins du monde, tous blancs : Château-Grillet y figure aux côtés d’autres crus prestigieux – Montrachet, Coulée de Serrant, Château d’Yquem, et Château Chalon. Curnonsky, surnommé le « Prince des Gastronomes », qualifiait volontiers Château-Grillet de « très grand seigneur ».
Depuis 1936, Château-Grillet est une Appellation d’Origine Contrôlée, parmi les plus petites de France. Et les plus prestigieuses ! C’est aussi une AOC encastrée dans une autre, formant un îlot viticole singulier au sein de l’appellation Condrieu. Autre fait rare, Château-Grillet est un monopole. En d’autres termes, appellation, domaine, vignoble et vin ne font qu’un.
Cette unicité consacre son excellence absolue.Depuis son acquisition par la famille Pinault en 2011 et son intégration au sein du groupe Artémis Domaines, Château-Grillet poursuit une quête patiente et exigeante : révéler, avec justesse, la race de ce terroir unique.
Le vignoble et le vin :
Le vignoble s’étage en 102 terrasses soutenues par des murs en pierres sèches, ou chaillées, situées entre 150 et 250 mètres d’altitude. Le viognier y règne en maître. Ce cépage miraculé, quasiment disparu dans les années 1960, a retrouvé sa grandeur grâce à la passion de vignerons visionnaires… et à la fidélité inébranlable de Château-Grillet. Ici, il s’enracine profondément dans un sol granitique pauvre, issu du granite à biotite, parfois enrichi de loess. Sur ces arènes granitiques, l’enracinement profond des vignes permet un meilleur accès à l’eau du sous-sol limitant ainsi le stress hydrique lors des périodes de sécheresse prolongée.
Chaque parcelle, chaque pied de vigne raconte une histoire façonnée par le vent, le soleil, la roche et la main de l’homme.Le microclimat unique, la topographie avec cette pente extrême, ce dessin en cascade et la diversité d’expositions offrent au viognier un terrain d’expression exceptionnel.
De cette alchimie naît un nectar intense, onctueux, d’une salinité et d’une tension
vibrantes : l’expression la plus pure de son cépage.Bien que minuscule, le vignoble fait l’objet d’une grande attention. Une petite équipe de quatre personnes, menée par Aloïs Houeto, officie à l’année pour préserver cet écrin et lui permettre de produire les meilleurs raisins.
Tout, ici, est fait à la main : la pente, parfois vertigineuse, ne fait aucune concession. La taille en guyot simple, respecte les flux de sève. Les sols sont travaillés avec finesse, en majorité manuellement, selon les besoins de chaque parcelle.
La récolte est réalisée au pic de maturité des raisins, en petites cagettes, après un tri minutieux opéré directement au vignoble.
Au chai, après un pressurage doux et une vinification parcellaire, l’élevage apaisant sur lies fines, de 18 mois en barriques, avec une proportion faible de fûts neufs pour ne pas farder l’expression racée des raisins du château, et l’assemblage sélectif dessinent le caractère unique des vins produits sur le domaine.
Château d’Yquem, Sauternes
Château Yquem est le plus grand vin de Sauternes.
L’histoire & les hommes
Château Yquem est le plus grand vin de Sauternes. Le classement de 1855 faisait même de lui le plus grand de tout le Bordelais, car il est le seul parmi les premiers crus classés auquel on attribua le titre « supérieur ».
Si l’origine du terme « Yquem » reste obscure, on connaît en revanche l’un de ses premiers propriétaires, la famille Sauvage qui entre en possession du château en 1592. Par le jeu des mariages, les Lur Saluces héritent du domaine en 1785 et en resteront propriétaires pendant plus de deux siècles jusqu’à son rachat par LVMH qui confie, en 2004, la direction du château à Pierre Lurton. La réputation d’excellence des vins du château est ancienne et Thomas Jefferson félicitait Monsieur de Lur Saluces en 1787 de posséder « l’un des meilleurs crus de Sauternes », sans que l’on sache précisément quel type de vin était produit à cette époque. La pratique de vendanges tardives est établie dans le sauternais dès 1666 mais il faut attendre le début du XIX ème siècle pour voir se généraliser la récolte de raisins « pourris ». C’est à cette époque qu’Yquem s’affirme comme la propriété phare du sauternais avec des prix de vente jusqu’à cinq fois supérieurs à ceux des grands Margaux, par exemple.
Le vignoble et le vin
Le château, authentique bâtisse médiévale érigée au XII ème siècle au sommet d’un petit coteau, domine un domaine de 113 hectares. Le vignoble, situé à une altitude de 40 mètres, jouit d’un méso-climat particulier : une brume persistante le matin et une température plus élevée que la moyenne l’après-midi. A partir du mois d’octobre, cette alternance d’humidité et de soleil favorise le développement d’un champignon, le botrytis cinerea, qui recouvre chaque baie, perce sa pellicule et la flétrit progressivement tout en concentrant à l’intérieur sucres et acidité. Les vendanges se font au rythme des attaques de « pourriture », au prix de passages répétés, appelés « tries » (jusqu’à 10 à Yquem), entre les rangs pour prélever les grappes suffisamment atteintes. Produire un vin botrytisé est déjà, en soi, un exercice difficile, mais produire un Yquem est un tour de force : rendements autour de 9 hl/ha, tries impitoyables, triple pressurage, fermentation longue, soutirages répétés, élevage en chêne neuf pendant trois ans, etc. En dehors des millésimes désastreux comme 1992, où Yquem renonce à produire ses liquoreux, le résultat est régulièrement somptueux. Les vins s’imposent par leur concentration, leur puissance et leur richesse aromatique tout en maintenant un équilibre et une harmonie qui allègent et transcendent cette magnifique opulence, mais on ne sera jamais assez précis pour décrire ce vin à la complexité absolument hors du commun.
Château Haut-Brion, Pessac-Léognan
Le Château Haut-Brion a une place à part dans le club très fermé des premiers crus classés.
L’histoire & les hommes
Doyen des « châteaux » bordelais, son histoire débute en 1553 lorsque Jean de Pontac achète le fief de Haut-Brion. Un siècle plus tard son petit fils élabore un vin d’un nouveau type, dont on sait peut de choses, sauf qu’il était rouge foncé, mais qui déclenche à Londres un véritable engouement. Baptisé outre-Manche « Ho-Bryan », il s’agit du premier vin du Bordelais identifié par son nom de cru. Vendu presque 4 fois plus cher qu’un « claret » (anglicisation du mot clairet, signifiant un rouge clair ou rosé foncé, type de vin de Bordeaux dominant à l’époque) traditionnel, il attise la curiosité du philosophe John Locke qui se rend sur place et décrit les spécificités de ses sols, constitués de graves. Son antériorité, son prestige et ses prix de vente en feront l’unique propriété des Graves retenue dans le classement des vins de la rive gauche établi en 1855. Entre temps le Château aura connu d’illustres propriétaires dont Comynes, Beyermann et surtout Talleyrand, tous animés par le même souci de qualité. En 1935 il est acheté par Clarence Dillon, et demeure actuellement la propriété de ses descendants. Les siècles de succès n’ont pas endormi la volonté d’innovation : dans les années 1960 le domaine fut le premier à utiliser des cuves de fermentation en inox, plus tard il sera pionnier dans le recours à la sélection clonale. Haut-Brion œuvre toujours dans le même sens, entre tradition et modernité, en maintenant le niveau d’exigence que réclame le statut de premier grand cru classé.
Le vignoble et le vin
Dans sa croissance, l’agglomération bordelaise a peu à peu cerné le vignoble d’Haut-Brion, aujourd’hui totalement encastré dans le tissu urbain. Dans cette enclave, le béton laisse place à de grosses graves garonnaises quartziques et siliceuses sur lesquelles prennent appui les 46 ha de vignes plantées. Le meso-climat spécifique du lieu optimise la maturation des raisins, souvent plus précoce à Haut-Brion qu’ailleurs. L’encépagement comprend des proportions presque équivalentes de cabernet-sauvignon (44%) et de merlot (42%) qui sont alternativement dominants dans les assemblages en fonction des millésimes. Un peu de cabernet franc et une touche de petit verdot viennent en complément. Le château ne joue pas la carte de la concentration mais maintient le cap d’un style tout en élégance et en équilibre dont le temps est le meilleur allié. Un peu moins de 3 ha sont consacrés à un vin blanc sec de haut niveau, puissant et onctueux, dominé par le sémillon.
Beaune blanc 1er cru Clos des Mouches Dne Joseph Drouhin
Depuis sa création en 1880, cette maison n’a jamais quitté le giron familial.
Le domaine
Joseph, Maurice, Robert puis actuellement Frédéric ont tour à tour présidé à sa destinée en prenant soin, à chaque génération, d’agrandir un peu plus le domaine familial. Il atteint aujourd’hui 73 hectares, menés en culture biologique, dont de nombreuses parcelles en Premier Cru et Grand Cru sur les communes de Beaune, Chambolle, Aloxe, Gevrey, Vougeot, Vosne ou Puligny. Egalement propriétaire à Chablis, la famille a exporté son savoir-faire aux Etats-Unis où elle a acquis en 1988 un domaine dans l’Oregon d’où proviennent de remarquables pinots noirs.
Le cru
Le Clos des Mouches est un Premier Cru situé tout au Sud du vignoble beaunois, précisément à la frontière des terres rattachées à Pommard. Ce clos, bien ensoleillé, abritait jadis des ruches d’où son nom de « mouches » (les abeilles étaient appelées « mouches à miel»). Bien orienté (Est/Sud-Est), situé à mi-coteau, constitué de sols légers et chauds (argiles, calcaires et cailloux), ce cru produit des vins parmi les plus amples de la commune. Avec 14 hectares, la maison Drouhin est le premier propriétaire du Clos qui compte en tout 25 hectares, plantés en pinot noir et en chardonnay. Maurice Drouhin, fils du fondateur, les a acquis parcelle par parcelle dans les années 1920.
Le vin
Dans ce cru, la maison excelle dans les deux couleurs mais le blanc a beaucoup fait pour sa réputation et fait partie des grands de Bourgogne. La vinification privilégie la vivacité et le fruité du vin mais son gras et la définition de ses arômes nous rappellent la nature du terroir qui les a vus naître. La matière se montre souvent mûre et expressive avec beaucoup de personnalité. C’est un vin puissant, ample, bien structuré par une belle acidité qui prolonge les saveurs. Le bouquet mélange avec bonheur un fruit classique, des notes plus épicées et un boisé toujours justement dosé. Ce vin qui séduit dès sa jeunesse gagnera en expression après quelques années de garde.
Château Latour, 1er cru classé, Pauillac
Des gloires bordelaises, le Château Latour fait incontestablement partie du gotha.
L’histoire
Célébré dès 1855 lors du fameux classement des vins du Médoc, le Château Latour n’a depuis que renforcé sa réputation de vin d’exception. Les origines du domaine remontent à 1331. La place forte d’origine fut détruite pendant la guerre de 100 ans mais une tour, remaniée au XVII ème siècle, subsiste aujourd’hui, et fournit à la fois le nom et le symbole du Château. Le château lui-même n’est guère grandiose. Juste une grande maison bourgeoise du XIX ème siècle, peu visible de la route. Sur ces terres, les premières vignes ont été plantées vers 1680, à une époque où le Médoc ressemblait encore à une vaste friche marécageuse. Propriété de la famille Ségur jusqu’en 1784, il changea de mains à plusieurs reprises, avant d’être racheté en 1868 par le baron James de Rothschild pour la somme déjà faramineuse à l’époque de 4,5 millions de francs. La famille doit pourtant céder le domaine un siècle plus tard à un groupe britannique qui mène une ambitieuse et salutaire politique de modernisation. En 1993 le rachat du château par M. Pinault met fin à « l’occupation anglaise ».
Le vignoble et le vin
Dominant l’estuaire de la Gironde, le vignoble de 78 hectares est centré autour du château. Le cœur du vignoble, appelé « l’Enclos » est constitué de 47 hectares de vieilles vignes (certaines centenaires) plantées dans des sols pauvres, formés d’épaisses couches de grosses graves dont la taille évoque plus des galets que les graviers habituels du Médoc. La qualité de ce terroir chaud et très bien drainé est taillée pour le cabernet-sauvignon qui occupe près de 80% du vignoble, proportion rarement atteinte par les autres grands du Médoc. Le vin en tire une structure imposante, des tanins fermes assouplis par un long élevage (18 mois) en fûts neufs. Latour a, depuis ses origines, une haute réputation de vin de longue garde, plutôt austère dans sa jeunesse, mais capable d’évoluer vers une finesse incomparable. Les grands millésimes du Bordelais ont produit ici de mémorables bouteilles mais le château possède la particularité de réussir dans les années moyennes, ce qui fait la joie d’amateurs un peu moins fortunés qui peuvent se procurer des flacons de Latour à des prix plus abordables. Latour donne toujours une impression de grande fraîcheur et de puissance retenue, avec une finesse de bouquet à peu près unique. Le second vin, « Les forts de Latour », est du niveau d’un cru classé et reste une très belle introduction au style du Grand Vin dont le statut de mythe n’est pas usurpé.
Cristal de Roederer, un champagne mythique
Le vin de Champagne est déjà en vogue lorsqu’un rémois, Mr Dubois, fonde à Reims, en 1776, un commerce de vins. L’affaire prospère et Nicolas Schreider rachète la Maison en 1830. Nicolas Schreider s’adjoint rapidement les compétences de son jeune neveu, Louis Roederer, qui hérite de l’affaire et la rebaptise à son nom. Longtemps très liée au marché russe, la Maison souffrira de la révolution de 1917. De 1933 à 1975, Camille Orly Roederer, dernière des Roederer, s’emploie au redressement de la Maison. Femme d’affaire énergique, elle est notamment à l’origine du magnifique vignoble que détient aujourd’hui la Maison. La famille Rouzeau, qui descend de Louis Roederer, a pris sa suite : Jean-Claude Rouzeau, fin œnologue qui fit beaucoup pour affirmer le style Roederer, puis sont fils Frédéric depuis 2006.
Le vignoble
Le premier atout de la Maison Louis Roederer, établie à Reims, réside dans la composition exceptionnelle de son vignoble : 214 hectares dont 130 dans les grands crus de la Champagne (Avize, Aÿ, Verzenay, Cumières, Cramant, etc). Les achats de raisins ne représentent que 30% du volume total, niveau exceptionnellement faible parmi les Grandes Marques. Les pratiques viticoles, dont une maîtrise des rendements particulièrement draconienne et pas toujours prioritaire en Champagne, visent à obtenir un fruit à la fois sain et concentré. Une même exigence prévaut dans le chai où les pratiques tiennent toujours compte des aptitudes du millésime. L’ensemble de la gamme atteint un niveau de qualité vraiment exceptionnel avec un brut sans année, de longue garde, qui figure parmi les meilleurs de sa catégorie.
Le vin
Voici la cuvée sur laquelle s’est bâtie la légende Roederer. Le tsar Alexandre II, fidèle des champagnes Roederer, exigea en 1876 qu’on lui expédie les vins dans des flacons personnalisés. La Maison lui fit donc parvenir les vins dans des flacons de cristal incolores. La légende « cristal » née à cette occasion a ensuite survécu à la déchéance des tsars. L’assemblage associe le pinot noir (55%) et le chardonnay (45%) provenant des grands crus de Verzenay, Le Mesnil, Avize, Chouilly, Aÿ ou Mareuil. Ce vin est un monument de délicatesse et de dentelles. Il allie des arômes profonds de fruits secs et de brioche à un fond vineux et riche en matière. D’une grande complexité, le temps est son allié. Rarement mis sur le marché avant six années de vieillissement, il lui en faut davantage pour exprimer tout son potentiel.
Bourgogne Meursault 1er Cru Clos des Perrières Dne Albert Grivault
... Une perle au cœur des plus grand terroir à Chardonnay de Côte d'Or.
Ce vin evoque une culture des grands vins blancs de garde, un héritage familial ancien, une certaine conception de la Bourgogne peut-être un peu ancienne mais profondément ancrée dans ses racines ?
La flamme aussi, qui ne s’est jamais éteinte, et Michel Bardet, 81 ans, le reconnaît volontiers, de voir un jour son Clos des Perrières classé en grand cru. « Aucun nouveau dossier n’est en cours, mais nous maintenons sereinement la pression ».
« À Meursault, Les Perrières sont la meilleure parcelle et le vin provenant du cœur de ce cru, Le Clos des Perrières, tient tête à l’incomparable Montrachet », écrit dans son Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays Alexis Lichine, qui dans les années 1950, participa activement au lancement de la vogue pour les grands vins blancs de Bourgogne.
Propriété des familles Bardet et Chevignard (de Beaune), le domaine couvre 6 hectares, dont 5,1 de chardonnay, avec son joyau : le monopole du Clos des Perrières, une enclave et une AOC à part entière de 94 ares 52 centiares dans Les Perrières-Dessous. La gérance de la société d’exploitation a été confiée en 2004 à Claire Bardet, assistée de son frère Henri Marc, avec un père, Michel Bardet, toujours très impliqué à l’âge de 81 ans.
Les vignes sont travaillées en viticulture raisonnée par trois vignerons en tâche pour les travaux manuels, les rognages et les labours ; les traitements sont effectués par un vigneron de Meursault. Après des vendanges plutôt précoces qui débutent cinq jours environ après le début des premières récoltes murisaltiennes, les vinifications et les élevages sont réalisés sur des bases classiques : en fûts de chêne (20 % de bois neuf) pendant une dizaine de mois, dans des caves thermorégulées par le sol afin que les fermentations soient terminées avant Noël, suivies d’un mois en cuves pour assurer une vraie homogénéité de chaque cuvée et des mises en bouteilles dans la deuxième quinzaine d’août.
On voit qu’il n’y a rien dans tout cela d’extraordinaire et si les vins défient le temps avec un tel brio, c’est bien, d’abord et avant toute chose, à la qualité du terroir qu’ils le doivent.
Grand cru un jour ?
L’histoire du dossier de classement du Clos des Perrières en grand cru est riche d’enseignements. En août 1992, le jour de son centenaire, Mathilde Bardet, mère de Michel, signa un dossier de demande de grand cru pour le Clos des Perrières, qui dans un premier temps reçu un accueil très favorable ; un vote effectué le 30 mars 1993 par les propriétaires des Perrières sur la base « 1 ouvrée, 1 voix »* se solda en effet par un résultat sans appel : 176 oui et 33 non, sur un total de 209 voix exprimées.
Un nouveau vote réalisé trois ans plus tard, le 15 janvier 1996 en présence des vingt-six propriétaires (à l’époque) en Perrières révéla un tout autre équilibre des forces, puisqu’un tiers seulement souhaitait toujours le classement. Argument central et pour le moins discutable avancé par le syndicat viticole et l’INAO : la peur d’une « inflation des demandes du même type, qu’il s’agisse des Perrières ou d’autres premiers crus de Meursault », écrit Pascal Laville, chef de centre de l’INAO, à Dijon, dès le 18 janvier 1996.
À chacun ses raisons, mais le plus regrettable dans tout cela n’est-il pas qu’un village comme Meursault n’ait pas encore de grand cru ? Il nous semble qu’il n’y aurait rien d’incongru à ce qu’au minimum Le Clos des Perrières et Les Perrières-Dessous le deviennent.
Un terroir argileux
Le Clos de La Perrière a en été arraché dans son intégralité puis replanté en 1889 et 1944. Dans les années 1980, il a été arraché, puis replanté en deux temps : 1983 et 1986 pour la moitié côté nord, 1985 et 1989 pour la moitié côté sud. Compte tenu de l’évolution du commerce des vins et de la demande, les prochains arrachages se feront probablement par quarts ou cinquièmes.
Le meursault premier cru Clos des Perrières couvre 94 ares 52 centiares d’un seul tenant et il est clos de murs probablement au moins depuis le XVIIème siècle comme en atteste le style du portail d’entrée. C’est une enclave dans Les Perrières-Dessous, où le domaine possède également 1,55 hectare en deux parcelles : dix ares contre le mur sud du clos et 1,45 hectare d’un seul tenant, 70 mètres environ au nord du clos.
Dans cette partie basse des Perrières, le coteau est de pente faible et orienté vers le sud-est. Des analyses de sol effectuées en 1985 dans le Clos des Perrières et dans la grande parcelle de Perrières ont révélé des différences assez notables.
Le clos est constitué de 46 % d’argile, 30 % de limons fins et grossiers, 24 % de sables avec un sol assez profond d’au moins un mètre. « C’est assez anormal dans le secteur et probablement lié à quelques apports anciens des carrières attenantes », suggère Michel Bardet.
Le sol du Perrières « classique » est constitué à 35 % d’argile, 35 % de limons et 30 % de sables La proportion plus importante d’argile dans le clos pourrait expliquer cette forme d’opulence que l’on ne trouve pas dans le Perrières du domaine"
Pouilly-Fuissé 1er Cru « Clos de Mr Noly » Domaine Valette
Philippe Valette appartient à la troisième génération de vignerons en charge du domaine familial de huit hectares et demi de la côte mâconnaise produisant exclusivement des vins blancs. Converti en agriculture biologique depuis 1992, le domaine porte une attention toute particulière au sol et à la vigne tout au long de l'année.
Les vins ne sont ni filtrés, ni collés. Philippe Valette aime prendre son temps, l'élevage de ses vins se fait donc en fonction de leur maturité, non en fonction du marché. Les vins passent 9, 14 ou 18 mois en fûts et même jusqu'à sept ans pour certaines cuvées, comme le Clos Noly.En ressortent des vins splendides et exceptionnels, d'une finesse et d'une complexité rare.
Un très long élevage, un terroir d’exception, un goût unique, certains parlent « d’ovni » : plus riche qu’une macération, avec un caractère oxydatif. « Un vin de méditation » dit la vigneronne, qui évolue en bouteille, après aération. Un vin riche, complexe, avec une palette aromatique variée, on peut passer de notes briochées, aux fruits secs, à la cire d’abeille sans oublier la minéralité, la salinité. Un vin vibrant, le plaisir infuse longtemps dans le corps.
Le Pouilly-Fuissé Le Clos de Monsieur Noly de la Maison Valette est sans doute l’un des vins les plus emblématiques, les plus aboutis et les plus prestigieux du Mâconnais. L'alchimie entre les sols argilo-calcaires et les vieilles vignes donne au Chardonnay une expression rare, digne des plus grands crus de Bourgogne.
Le Clos de Monsieur Noly est une parcelle rare, un véritable joyau de Pouilly Fuissé, travaillée en viticulture biologique depuis des décennies par le domaine Valette. Vendanges manuelles, pressurage lent, fermentation naturelle en levures indigènes, tout se fait à la main, avec une patience et une exigence peu communes. L'élevage particulièrement long fait la renommée de cette cuvée, qui passe environ 84 mois sur lies fines en fûts anciens !
L’assemblage des millésimes 2011, 2012, 2013, 2016 et 2018 permet de conjuguer la fraîcheur des jeunes jus et la maturité des vins de réserve.
Le Pouilly Fuissé Le Clos de Monsieur Noly du domaine Valette bouleverse par son équilibre entre la richesse des fruits mûrs et la complexité des nuances tertiaires développées par l'élevage hors normes. Sa densité et sa profondeur presque méditative s'accordent à une tension minérale étonnante, qui procure une longueur phénoménale à cette cuvée. L'une des plus grandes expressions de la Bourgogne !
Au nez, le vin dévoile une palette d’une grande noblesse qui monte crescendo. Des notes de poire juteuse et de pêche jaune se mêlent aux parfums suaves de zestes confits et de marmelade d’orange. L’aération révèle des nuances évoluées de miel, de brioche fraîche et de vanille fine. La profondeur minérale du terroir renforce la complexité du bouquet et invite à la dégustation.
En bouche, la texture est soyeuse et enveloppante, traversée d'emblée par une acidité remarquable et équilibrante. Les arômes d’abricot poché, de poire au sirop et de citron confit s’équilibrent dans une matière onctueuse, portée par une acidité ciselée dont la tension saline prolonge la sensation de fraîcheur. L'élevage prolongé apporte une patine élégante aux arômes d'épices douces et de miel crémeux, et la finale tout en tension maîtrisée fait persister très longuement l'harmonie des arômes tertiaires. Un Pouilly-Fuissé de garde, digne des plus beaux blancs de Bourgogne.
Musigny Grand Cru Comte Georges de Vogüé
C'est au fabuleux grand cru Musigny, dont il est le principal propriétaire (il en possède les deux tiers, soit 7,2 hectares), que le domaine Comte Georges de Vogüé doit sa renommée mondiale, même si le vignoble s’étend également sur de superbes parcelles de Chambolle-Musigny et à Bonnes Mares. Il est également le seul à y produire du blanc comme le permet le décret d'appellation.
Le domaine existe depuis au moins 1450. Georges de Vogüé, qui donna son nom actuel au domaine, fut propriétaire en 1925 jusqu’à son décès en 1987. Ce sont aujourd’hui Claire et Marie de Ladoucette, ses petites-filles qui sont aux commandes. En 1986, elle engage une pointure, l'oenologue François Millet, pour diriger les opérations. Celui-ci ne manque pas de faire valoir sa philosophie : intervenir le moins possible dans le processus de vinification.
Ainsi, fuyant les sirènes du marketing qui encouragent à produire des vins « prêts à plaire », sa démarche consiste au contraire à tirer le meilleur parti de chaque récolte, que le millésime s'annonce exceptionnel ou plus ordinaire, pour essayer de maintenir l'essentiel d'une année sur l'autre : la qualité. Les réussites se sont succédé, de quoi maintenir le domaine en tête des plus prestigieuses maisons de Chambolle-Musigny. Pour ce faire, le domaine n'hésite pas à déclasser tous les raisins provenant de vignes jugées pas suffisamment âgées.
En 2021, une nouvelle page du domaine s’écrit avec l’arrivée de Jean Lupatelli, ancien régisseur de Decelle et Fils, pour remplacer François Millet qui a pris sa retraite. Ce nouveau régisseur entreprend de replanter le vignoble, de modifier les types de bois pour les élevages, part de vendanges entières…
Le vignoble qui s’étend sur 12,5 hectares est travaillé selon les principes bio mais sans certification et les rendements sont limités à 30 hl/ha.
Les raisins sont en partie égrappés et les remontages sont privilégiés aux pigeages, les extractions se font en douceur puis l’élevage dure de 14 à 15 mois dans des fûts avec 30 à 50 % de bois neuf. Les vins ne sont pas filtrés ou alors très légèrement.
Les vins de ce domaine se placent parmi les plus qualitatifs de Bourgogne.
Le vin
C'est son célèbre sol d'argile rouge moins calcaire que chez ses voisins qui confère aux vins du Musigny leur élégance légendaire. Le domaine Comte Georges de Vogüé posséde 7,2 hectares sur les 10,77 hectares du grand cru Musigny.
Barolo Lorenzo Accomasso
La Morra, dans le hameau de l'Annunziata ; avant d'arriver à Barolo, en venant d'Asti, tournez à droite sur la route qui mène au « Balcon des Langhe ». À Borgata Pozzo, C'est la demeure de deux frère et sœur : Lorenzo et Elena Accomasso. Lui a soixante-dix-huit ans, elle quatre-vingt-quatre, deux paires d'yeux bleus comme le givre, et une dentition qu'on peut compter sur les doigts d'une main.
‘Il Cavaliere » Le Chevalier est une figure marquante de La Morra .Le vignoble, Rocche dell'Annunziata, se situe dans la sous-zone de Rocchette, à 300 mètres d'altitude. Exposé plein sud, il surplombe Castiglione Falletto. Trois hectares de Nebbiolo y sont plantés, ainsi que du Dolcetto et du Barbera.
La vinification est traditionnelle, avec de longues macérations et un élevage en fûts de chêne anciens. Outre le Dolcetto (7 € au domaine) et un Barbera (12 €), très apprécié des professionnels (j'ai même entendu de grands producteurs de Barbera reconnaître sa suprématie absolue), Accomasso élabore deux Barolos : « Le mie vigne » (20 €), le « Rocche » et le « Rocchette » (25 €). Les prix sont indicatifs et peuvent varier en fonction de l'évolution du marché, du millésime… qui sait ?
Au total, environ dix mille bouteilles sont généralement mises en vente un an plus tard, tandis que d'autres ne sont même pas commercialisées du tout (le millésime 2003, par exemple, est encore en fût). Les trois Barolos sont élaborés en fonction du millésime : « Le mie vigne » est un assemblage de raisins provenant des vignobles, « Rocche » et « Rocchette » sont les réserves des différents crus.
Cavalier Lorenzo Accomasso est l'âme du vin, calme et inébranlable. Dès le début des années 1970, Lorenzo Accomasso taillait ses vignes à ras, coupant les premières grappes vertes lors des chaudes après-midis d'août, peut-être en secret pour que sa mère ne le voie pas, car elle avait travaillé dur sur ces coteaux pour que les vignes soient chargées de raisins. Sa première apparition publique eut lieu en septembre 1966 lors des festivités de la ville : sa première étiquette, celle du Barolo 1958, fut présentée au salon des vins, l'année même où il produisit son premier vin.
L'entreprise est familiale : Lorenzo y travaille, et sa sœur Elena, responsable des ventes, accueillait les touristes dans les années 1970. Elena fut la première femme à travailler dans le vin à La Morra, et elle est décédée en 2016.
Vins
Le domaine produit des Barolos chargés d'histoire, mais dotés d'une âme jeune et vibrante, et d'une longue et intense palette aromatique qui se révèle progressivement. Les Barolo Rocche et delle Rocchette bénéficient d'un long élevage et ne sont mis en bouteille qu'après validation par Lorenzo. En moyenne, ils vieillissent un an de plus que les autres producteurs. Issu d'une macération de quarante jours ou plus, comme le lui avait enseigné son père Giovanni, ce vin vieillit plus lentement et est prêt à traverser les âges.
Saumur Champigny Dne du Clos Rougeard
Né est en 1664 que le Clos Rougeard naît sur les terres de Chacé, village établi non loin de Saumur. Huit générations se sont succédées à la tête du domaine, dont la dernière est incarnée par les frères Foucault. Dès les années 1980, Charly et Nady adoptent une philosophie singulière pour sublimer les terroirs de Saumur et Saumur-Champigny : laisser le vin tranquille afin qu’il puisse exprimer sa propre identité. Aucun produit de synthèse n’est ajouté à la vigne, les vinifications douces sont pensées comme des infusions et l’approche minimaliste est revendiquée.
Depuis 2017, la famille Bouygues poursuit le travail initié par ses emblématiques prédécesseurs avec un respect profond de l’ADN du cru et de son identité.
Au Clos Rougeard, le temps est le maître des lieux. Lui seul laisse aux vignes et aux vins la liberté de se révéler.
Un terroir préservé
Le vignoble de 15 hectares, réparti sur 25 parcelles, s’étend principalement sur des sols d’argile et de calcaire. Au cœur de ce terroir, si respectueux de sa microfaune et de sa microflore, s’expriment les plus purs raisins, produits en agriculture biologique depuis huit générations. En témoigne l’énergie de ses très vieilles vignes, certaines âgées d’une centaine d’années, qui n’ont jamais vu le moindre produit chimique.
Un savoir-faire perpétué
Au Clos Rougeard, les vins évoluent et s’affinent avec le temps. Leur finesse et leur profondeur sont procurées par un élevage de plus de deux ans en barriques et d’un vieillissement en bouteilles de plusieurs années au cœur des caves de tuffeau, à sept mètres de profondeur.
Alsace Riesling Clos Sainte Hune Dne Trimbach
« S’il est un Riesling au monde que tout amateur de vin rêve de goûter et de savourer, c’est bien le Clos Sainte Hune… », Serge Dubs, Meilleur Sommelier du Monde 1989.
Pour beaucoup d’amateurs de grands blancs, il est vrai que le Clos Sainte Hune fait rêver et fait partie des plus grands, rares et majestueux vins blancs du monde.
Pierre Trimbach, notre vinificateur émérite depuis 1979 (décédé en 2026) positionne ce riesling comme notre grand vin blanc doté d’une minéralité incroyable, à l’équilibre parfait et la longueur incroyable, tout simplement parce qu’il provient d’une parcelle d’exception.
Terroir unique et magique dans le Grand Cru Rosacker à Hunawihr, ce clos qui appartient à la Famille Trimbach depuis plus de 200 ans s’étend sur 1,67 hectare.
La première étiquette retrouvée au domaine, quasiment inchangée, date de 1919. Une date qui inspire la paix … tout comme le lieu qui inspire certains à la spiritualité. Il y a, au cœur du Clos Ste Hune, proche des très vieilles vignes de la parcelle, une atmosphère tout à fait particulière, singulière, qui apaise les cœurs.
La légende ancienne raconte qu’au temps des Rois, lors d’une année de disette, Huna, l’épouse de Hunon, Roi de Hunawihr, réussit à changer l’eau de la fontaine du village en vin (XIIème siècle).Cette légende de Sainte Huna a donné le nom à notre parcelle exceptionnelle, de par son terroir unique.
La parcelle de 1,67 hectare est située à mi-coteaux du Grand Cru Rosacker (26,1 ha au total).
Elle se love comme dans un cirque, protégée des vents. Le caractère tardif et sec du terroir permettent une maturation lente et saine des raisins, plantés il y a plus de 80 ans pour les plus anciens pieds de vignes, 100% Riesling bien entendu. Le botrytis y est rare (deux millésimes seulement ont été produits en Vendanges Tardives : 1983 et 1989).
Le sol, profond, calcaire, procure de bonnes ressources d’eau et de minéraux. L’acidité du vin est toujours mûre et puissante.Les vins qui en sont issus sont purs, complexes, secs, puissants, concentrés, avec une rare élégance et une longueur interminable.L’exposition de la parcelle est sud et sud-est, car notre parcelle est légèrement en dévers. La pente y est plutôt douce.
La roche mère calcaire affleure en haut de la parcelle : Muschelkalk et Lettenkohle. Sol marno-calcaire, calci-magnétique, avec cailloutis calcaires et dolomitiques, très profond et de texture lourde. Le méso-climat du Clos Sainte Hune est frais et sec. Le massif vosgien étant relativement proche, le Clos en bénéficie par un effet d’ombre portée, ce qui permet de réguler la température du matériel végétal. Il en résulte une vendange plus tardive que certains autres Grands Crus. Le vent en provenance des Vosges effleure le Clos situé dans une sorte de cuvette entre Hunawihr et Ribeauvillé.Le Grand Cru n’ayant jamais été revendiqué, le vin est classé en AOP.
La taille est réalisée en guyot double, type Poussard.Le rendement y est de maximum 55 hl/ha comme pour tous les Grands Crus d’Alsace, mais souvent moins, selon le millésime. La densité de plantation est de 5500 pieds par hectare. L’âge des vignes est d’au moins 60 ans en moyenne. Les plus anciennes ont été plantées il y a bien 80 ans. Même Bernard Trimbach (né en 1932) ne sait pas quand elles ont été plantées… La production qui en découle avoisine les 7000 bouteilles en général. Parfois moins, parfois plus, tout dépend encore une fois du millésime.
La parcelle est travaillée en bio depuis 2008, après des années en lutte raisonnée. Pas un pesticide ni un insecticide n’a été utilisé chez Trimbach. Les moutons ont le plaisir d’y paître depuis 2008 pendant l’hiver.
Année après année, le Clos Sainte Hune est un vin de grande classe, racé, raffiné, élégant, aux fruits bien mûrs et doté d’une minéralité prononcée qui lui donnent son tempérament unique. Bien entendu, il est vinifié sec.
Lorsque les dégustateurs parlent du Clos Sainte Hune, les mots qui reviennent systématiquement sont son harmonie, son énergie, sa minéralité, sa longueur inégalable et sa capacité de vieillissement…
La nouvelle génération Trimbach, la 13ème, (Anne, Julien, Frédérique et Pauline), reste dans la même mouvance de recherche perpétuelle d’équilibre que les générations précédentes. Nous pouvons dire qu’elle est cependant plus sensible au travail du sol en harmonie avec la terre et la vigne, les plantes sauvages réparatrices, les préparats biodynamiques, etc. C'est l'équilibre d’un tout qui fait le bien de chacune des parties.
Le Clos Sainte Hune est perçu comme la perle de notre domaine. La parcelle, le lieu mythique ou bien mystique fait rêver.
Selon le millésime et le volume de jus, le Clos Sainte Hune est vinifié en vieux foudre ou parfois même en cuve inox. La fermentation autour de 18-20 degrés Celsius dure de 3 à 4 semaines en moyenne. Le vin est élevé sur lies fines avant une filtration douce. La mise en bouteilles est faite au Printemps qui suit la vendange et les bouteilles sont gardées précieusement quelques années avant la mise en vente. Nous conseillons les amateurs de ce grand vin de l’attendre au moins 10 ans, ou si possible encore plus. C'est aujourd'hui que les grands millésimes produits par Bernard Trimbach (photo ci-contre) sont à leur apogée (1971, 1976, 1979, etc.).Le Clos Sainte Hune est un vin qui nécessite du temps… de la patience…
Réservez votre soirée dégustation sur www.entre2verres.fr
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