Le Groupement d’Etude et de Suivi des Terroirs (association loi 1901) a été créé en 1995 dans le but de réunir les vignerons et domaines dans une réflexion commune autour du fonctionnement des sols et plus largement de l’effet terroir.
Les Présidents du G.E.ST depuis 1995 en compagnie de Jacquy Rigaux
De nombreuses analyses de sol et observations sur le terrain (plus de 100 profils de sols profonds creusés entre 1999 et 2004) ont permis de développer un modèle de connaissance des sols viticoles bourguignons et de mieux comprendre la dynamique des matières organiques.
Aujourd’hui, l’association s’intéresse à toutes les composantes de notre terroir et se penche également sur des problématiques plus générales de viticulture durable, notamment le matériel végétal, les systèmes de taille respectueux de la vigne, l’intégration de la biodiversité dans le vignoble bourguignon, les porte-greffes, les couverts végétaux…
Organisme de formation certifié, le G.E.S.Tpropose également tout au long de l’année des formations ouvertes à tous, adhérents ou non, sur différents thèmes.
Si à l’origine le GEST s’est appuyé sur le travail de Cyrille Bongiraud et Lorenzo Maini, il a été décidé en 2006 d’embaucher un animateur permanent pour poursuivre ces voies de recherches, suivre le fonctionnement des sols et fournir aux vignerons un appui technique et logistique, en particulier dans la gestion de leur fertilisation.
A ce jour, quatre animateurs se sont succédé à ce poste :
- de 2006 à 2012 : Emmanuel Franquet
- de 2012 à 2020 : Floriane Vidalou
- de 2020 à 2024 : Agnès Mathé
- depuis 2024 : Mathilde Fonteneau et Aline Villot
Si les animatrices sont la cheville ouvrière du GEST, l’association est administrée par un Conseil d’administration élu dont le rôle est de représenter les 128 adhérents au quotidien. Composé de 12 membres et élu lors de l’Assemblée générale, le Conseil d’administration se réunit régulièrement pour décider des projets et orientations, guider et accompagner l’animatrice dans son travail.
Le GEST, Groupement d’étude et de suivi des terroirs a été déterminant dans le « réveil » de la Bourgogne dans les années 1990. Le groupement a fêté ses 30 ans cette en 2025 et il a encore du pain sur la planche, il n’a sans doute ni la notoriété, ni la reconnaissance qu’il mérite. Une médaille devrait même lui être décernée pour « service rendus à la patrie », en l’occurrence la Bourgogne.
30 ans ce n’est pas grand-chose finalement à l’échelle de l’histoire de la Bourgogne, mais il faut quand même se rappeler ou en était la région à l’époque.
« Dans les années 1980, la côte viticole devait être à 80% désherbée. A mes débuts, j’ai fait comme tout le monde en utilisant ces produits chimiques dont j’avais appris les noms par cœur à l’école. Le déclic est venu un jour en rentrant des vignes. J’ai dis à ma femme : tout le monde est en train de traiter et tu ne peux pas sortir te promener avec notre fille. Dans quel monde vivions-nous alors ? » se souvient Dominique Lafon, le premier président du GEST de 1995 à 2002.
Et si à l’époque, celles et ceux qui labouraient, qui laissaient un peu d’herbe dans les vignes, qui ne voulaient plus des produits de synthèse, « étaient pris pour des rigolos », le GEST a rapidement convaincu et en grande partie parce que quelques-uns des plus grands domaines de Côte-d’Or ont rapidement adhéré.
Quand Emmanuel Giboulot, un pionnier du bio et de la biodynamie a pris le relai en 2002, il a lancé, en collaboration avec Yves Hérody et Lorenzo Maini, un travail de fond de réalisation de fosses pédologiques. « Nous avons voulu faire un état des lieux de la réalité de nos sols viticoles et il a ainsi été possible de réaliser à quel point le travail de l’homme impactait la structure et la vie des sols. La question derrière tout cela étant : que pouvons-nous faire pour améliorer les choses ».
Le Conservatoire des cépages Bourguignons
Il existe de nombreux conservatoires régionaux en France.
En Bourgogne, on peut citer celui du château Pontus de Tyard (à Bissy-sur-Fley) qui possède une collection ampélographique mêlant d’anciens cépages de différentes origines et différentes variétés du genre Vitis (site internet : www.pontus-de-tyard.com).
Savez-vous que la France possède, grâce au site du Domaine de Vassal de l’INRAE, l’une des plus grande collection ampélographique au monde ?
Cette collection réunissant plus de 7800 accessions est implantée dans des sols sableux en bordure de la Méditerranée ; elle possède la particularité d’avoir de nombreux spécimens dits “francs de pied”, c’est à dire non greffés sur un porte-greffe d’origine américaine.
En effet, le redoutable phylloxéra, qui détruisit le vignoble français dans la seconde moitié du XIXème siècle, ne se déplace que difficilement dans les sols sableux.
Malheureusement, du fait notamment de la montée des eaux, elle doit être déplacée prochainement.Les cépages qui la composent seront bien entendu du voyage.
Le Conservatoire
Le Conservatoire imaginé par le GEST se propose de réunir en un même lieu les cépages qui sont ou ont été cultivés en Bourgogne. Il est implanté au Mont Battois, au Nord-Ouest de Beaune :
Cette parcelle appartient à l’ATVB (Association Technique Viticole de Bourgogne), qui est notre principal partenaire technique pour ce projet. Elle a été choisie car elle est assez éloignée des autres vignes, ce qui limite le risque de contamination.
Le Conservatoire a été planté de 2016 à 2018, et compte à ce jour 45 cépages et une collection de 15 porte-greffes.
La collection n’est pas figée est sera amenée à s’agrandir au fur et à mesure des années, grâce à la découverte de nouvelles souches de cépages rares.
A titre d’exemple, certains cépages historiques de la Bourgogne, comme le Beaunoir ou le Roublot, ont quasiment disparu.
Ils sont encore conservés dans la collection ampélographique de Vassal (INRAE), mais ils sont malheureusement atteints par des viroses (court-noué, enroulements…), nous empêchant de les implanter sur notre site.
Un peu d’histoire…
L’origine des cépages bourguignons repose sur trois sources génétiques locales qui donnent les formes les plus anciennes :
- les Noiriens, originaire des hautes vallées de la Seine et de la Saône : ils ont donné toute la famille des Pinots (noir, blanc, gris, meunier, mourot, rouge et teinturier)
- le Gouais, cépage primitif dont l’origine est incertaine (de l’est de la France ou de Croatie, le sens de migration est inconnu). C’est le parent de très nombreux cépages qualitatifs
- les Tressots, originaires du bassin de l’Yonne et de l’Armançon, dont on connait peu de descendants
Puis une foule de cépages est née du croisement Noiriens X Gouais, ce dernier donnant une production plus abondante.
Ainsi est née toute la famille des Gamays (teinturiers, rouge à jus blanc et blanc), les Chardonnays (blanc, rose, muscaté), l’Aligoté, le Melon de Bourgogne, le Gouget et de nombreux autres, ainsi que des croisements entre les Noiriens et des familles de cépages proches géographiquement :
- Noiriens X Folles : le Sacy, le Roublot
- Noiriens X Argant (rapporté d’Espagne par les romains) : le César
- Noiriens X Cots : le Romorantin, l’Abondance, le Gascon
- Noiriens X Tressots : le Beaunoir, le Bachet
- Noiriens X Savagniens, originaire du Jura : le Trousseau
- Noiriens X cépage allemand : le Knipperlé
La vigne est une plante qui évolue et mute régulièrement, créant spontanément de nouvelles souches. La plupart de ces mutations sont invisibles, mais certaines ont été remarquées par les anciens qui les ont multipliées (exemple du Pinot blanc).
Nous pouvons aussi montrer que ce potentiel naturel est toujours à l’œuvre, en présentant aussi quelques cépages apparus spontanément à notre époque (comme le Chardonnay rose).
La collection
La collection présente les cépages qui ont été cultivés en Bourgogne au cours de l’Histoire, qu’ils soient originaires ou non de la région, et quelques cousins proches de ces cépages qui auraient pu y être cultivés.
Une attentive recherche et collecte de données bibliographiques à été nécessaire afin de déterminer les cépages pouvant intégrer le Conservatoire.
Le matériel végétal provient de l’INRAE du Domaine de Vassal, de l‘IFV (Institut Français du Vin), de la SICAREX Beaujolais, de la Société de Viticulture du Jura, de la Chambre d’Agriculture de l’Aude, des pépinières Guillaume, de conservatoires d’autres régions et de collections privées.
Tout le matériel planté a été testé sanitairement et est négatif aux principales viroses que sont le court-noué et l’enroulement (1 et 3), excluant de fait certains cépages dont les seuls individus disponibles sont malheureusement atteints de viroses.
Le tableau ci-dessous se propose de répertorier les cépages sélectionnés à l’origine pour intégrer le Conservatoire.Les individus n’ayant pas été trouvé ou ne pouvant rejoindre la collection pour des raisons sanitaires sont également listés, les raisons de leur absence sont précisées entre parenthèses.
Liste des cépages
Originaires de Bourgogne :Pinot Noir, Pinot Gris, Pinot Blanc, Pinot Noir Précoce, Pinot Noir Mourot, Pinot Rouge (virosé), Chardonnay Blanc, Chardonnay Rose, Chardonnay Muscaté, Gouais, Aligoté, Gamay Noir, Gamay de Bouze, Gamay Fréaux, Gamay Castille, Gamay de Chaudenay, Gamay Gris, Gamay Précoce, César, Sacy, Gascon, Melon de Bourgogne, Tressot Noir, Tressot Blanc (virosé), Tressot Panaché, Beaunoir (virosé), Samoriau (à trouver), Plant Vert, Troyen
Cultivés en Bourgogne: mais non originaires de la région : Chasselas Doré, Côt, Arbane, Teinturier du (virosé), Joubertin, Savagnin Blanc, Savagnin Rose, Enfariné Gris, Peurion, Sauvignon Blanc, Sauvignon Gris, Corbeau, Gueuche Noir, Gouget Blanc (virosé), Meslier Saint François
Cousins non cultivés en Bourgogne : Meunier, Auxerrois, Trousseau, Petit Meslier
Hybrides : Oberlin Noir, Maréchal Foch, Ravat 6
En cliquant sur le nom d’un cépage ci-dessous, vous serez renvoyé vers la fiche cépage correspondante, téléchargeable gratuitement : https://asso-gest.fr/cobbles
Le conservatoire possède également une collection de 15 porte-greffes, qui peut servir de référence pour les vignerons de la région.
Les Projets du GEST
Préservation de la biodiversité
Au travers de différentes actions (couverts végétaux et engrais verts, plantation de haies et d’arbres, sélections massales, pose de nichoirs…), nous accompagnons les vignerons dans leurs démarches de préservation ou d’accueil de la biodiversité dans le vignoble.
En 2016, nous avons implanté un Conservatoire d’anciens cépages bourguignons sur les hauteurs de Beaune (au Mont Battois, à Savigny-les-Beaune).
L’un des objectifs est la sauvegarde de cépages rares ou oubliés.
Couverts végétaux et engrais verts
C’est en 2016 qu’un premier groupe de travail sur les couverts végétaux et les engrais verts s’est réuni au sein du GEST.
Cette pratique, à l’époque confidentielle en Bourgogne, a donné lieu à différents projets, dont l’objectif est de permettre aux vignerons d’expérimenter des itinéraires techniques (matériels, mélanges d’espèces à semer, calendrier d’intervention…) et in fine de proposer des références à destination de nos adhérents.
Dans un vignoble de Bourgogne où les vignes sont souvent plantées à haute densité (avec un écartement entre les rangs de moins d’1.30 mètre), la gestion des couverts végétaux et engrais verts est plus complexe qu’ailleurs : c’est là tout l’intérêt de permettre aux vignerons de s’approprier cette technique et de l’adapter à leurs contraintes.
Outre les projets menés en interne (et notamment la création du Semoir viticole pour vignes étroites), le GEST a participé de 2019 à 2021 au projet DECOUVEG, mené en partenariat avec BIO BOURGOGNE, le Vinipôle Sud Bourgogne, les Chambres d’Agriculture de Côte d’Or et de l’Yonne, et avec le soutien financier du BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne).
Ce projet vient de prendre fin et une fiche technique à destination des vignerons est en cours de rédaction.
Elle présentera les conclusions des 3 années de suivis menés chez des vignerons volontaires et sur des plateformes expérimentales.
En parallèle, des groupes locaux animés par l’animatrice du GEST se réunissent pour échanger sur les pratiques, partager leurs expériences, et visiter des parcelles d’essais.
Partenariat GEST – SICAVAC
Ce beau projet a vu le jour en 2019, à l’initiative du SICAVAC (Service Interprofessionnel de Conseil Agronomique, de Vinifications et d’Analyse du Centre).
Cette structure unique en son genre est un organisme d’appui technique des vignobles du Centre-Loire, avec lequel le GEST collabore depuis de nombreuses années.
Le SICAVAC, via sa structure nommée CEPS SICAVAC, a imaginé un projet original dont le but est de produire des plants de vigne greffés-soudés de qualité supérieure en partenariat avec des pépiniéristes motivés par la démarche.
La production des porte-greffes répond à un cahier des charges rigoureux et contraignant destiné aux pépiniéristes partenaires.
Chaque année, des contrôles sont effectués aux différentes étapes de l’élaboration des plants chez chaque pépiniériste afin de garantir la qualité de la production.
CEPS SICAVAC possède sa propre vigne mère de greffons plantée dans le Sancerrois. Elle est actuellement constituée de 3ha de sélections massales de Sauvignon et d’1ha de clones.
N’ayant pas de demande pour ces clones, François Dal et ses collègues ont décidé de les remplacer en les surgreffant avec du Pinot noir et du Gamay issus de sélection massale.
Ils se sont alors tournés vers le GEST en proposant un partenariat, afin de constituer des sélections massales issues des vignes de nos adhérents.
Cette belle aventure commune est aujourd’hui concrétisée par le dépôt auprès de l’INPI de deux marques en co-propriété : GEST-SICAVAC pinot noir ® et GEST-SICAVAC gamay ®
Les prospections et sélections continuent et s’affinent : les premiers plants de la sélection Pinot noir seront disponibles en 2025, ceux de Gamay à partir de 2026.
Le Conservatoire de vieux porte-greffes
Ce projet est en cours d’élaboration. Il est né de notre volonté de continuer à œuvrer en faveur de la sauvegarde de la diversité génétique et du patrimoine. Son but est de collecter chez nos adhérents de vieilles souches de porte-greffes pour les implanter à côté du Conservatoire d’anciens cépages bourguignons.
En effet, les clones de porte-greffes aujourd’hui utilisés et homologués ont été en général sélectionnés dans les années 1960.
Il en résulte une perte considérable de diversité génétique dont l’impact n’est probablement pas mesurable aujourd’hui.
Beaucoup de nos adhérents possèdent encore des vignes antérieures à cette période, parfois plantées dans l’ère post-phylloxérique du début du 20ème siècle.
Ces individus, bien qu’issus de de porte-greffes certifiés, présentent probablement des caractéristiques et une diversité génétique plus importantes que les clones aujourd’hui habituellement diffusés.
Outre l’aspect patrimonial et pédagogique du projet, notre intuition est qu’il est nécessaire de préserver ce matériel végétal avant que ces vieilles vignes soient arrachées pour ne pas perdre leur éventuel potentiel.
L’état actuel des connaissances techniques et scientifiques et des outils disponibles ne nous permettent pas de savoir s’il existe des mutations ou des facteurs génétiques faisant d’un individu un spécimen plus résistant ou plus résilient (tolérance à la sécheresse, sensibilité aux maladies et parasites, dépérissement…).
Peut-être que ce futur axe de travail ne sera jamais exploité ; néanmoins, il nous apparaît important de faire preuve d’anticipation et de prévoyance à ce sujet…
GREFFBOURGOGNE
Lancé en 2021, ce projet est mené en partenariat avec l’ATVB (Association Technique Viticole de Bourgogne), l’IFV (Institut Français du Vin), la Chambre d’Agriculture de l’Yonne, le Vinipôle Sud Bourgogne, et est co-financé par le BIVB.
L’objectif est de comparer le comportement de différents porte-greffes peu utilisés en Bourgogne et réputés tolérants à la sécheresse.
Comme dans la majorité des bassins viticoles, la diversité des porte-greffes disponibles est sous-utilisée, alors qu’il s’agit d’un levier d’adaptation intéressant face aux changements climatiques.
Le projet est axé sur l’étude de porte-greffes plantés au sein de plateformes dédiées suivies par les différents techniciens, mais aussi grâce à des suivis réalisés chez des vignerons ayant mis en place sur leur domaine des essais comparatifs.
Basé sur une première phase d’une durée de 3 ans, ce projet d’ampleur a pour ambition de perdurer au-delà de cette échéance.
Comprendre ce qu’est un terroir
Etienne de Montille, qui reprenait alors le domaine familial, tout en gardant un pied dans la banque d’affaire, a eu à partir de 2005, une double mission : trouver des financements, ce qui a permis d’embaucher ensuite des animatrices et, et développer une cartographie des sols viticoles.
« Le GEST a été très structurant tout au long de ma carrière de vigneron. Il m’a vraiment permis de comprendre ce qu’est un terroir », explique E. de Montille sous le mandat duquel ont débuté des formations pour les vignerons.
Jean-Claude Rateau, vigneron pionnier de la biodynamie en Bourgogne « devait » un jour finir par prendre la présidence du GEST, ce qui fut fait en 2011 en poursuivant le travail initié par ses prédécesseurs, tout en engageant un travail de fond sur la diversité des cépages.
Au Mont Battois, au-dessus de Beaune, a été créé un conservatoire des cépages bourguignons anciens qui pourraient s’avérer précieux dans une optique d’adaptation au réchauffement climatique.
Arrivé en 2018, Thibault Liger-Belair poursuivi ce travail sur le matériel végétal, les cépages, les porte-greffes en collaboration notamment avec la SICAVAC du Centre-Loire.
Réservez votre ssoirée dégustation sur www.entre2verres.fr
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