La métacognition peut modifier votre façon de déguster , votre capacité à interpréter un vin, et influencer votre pédagogie appliquée à la prise en charge d’une dégustation.
Définition de Cognitif : Qui concerne l'acquisition des connaissances.
La métacognition c’est la capacité à observer sa façon de penser : En gros c’est prendre du recul sur ses pensées pour mieux les guider !
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Audrey Saatdjian Source Instagram
Les neurosciences, c’est fascinant et je les étudie depuis 4 ans à travers beaucoup de livres et de conférences, notamment celles de Gabriel Lepousez Neurobiologiste, auxquelles j'ai pu assister à l'Université de Bourgogne
Gabriel Lepousez Chercheur à l'Institut Pasteur, Formateur en dégustation sensorielle et à L'université de Bourgogne, met à contribution toute son expertise de neurobiologiste pour étudier l’expérience multi-sensorielle et cognitive très complexe qu’est l’art de déguster. La formation neurosensorielle permet de déconstruire les mécanismes physiologiques comme les biais cognitifs (notre expérience, notre culture, le contexte de la dégustation) à l’origine de la perception et de l’appréciation de ce que nous buvons et nous mangeons, qu’il s’agisse de produits issus de la fermentation ou de la distillation.
La formation neurosensorielle remplit ainsi plusieurs objectifs :
- Pénétrer dans notre cerveau, dans les rouages de la création du goût.
- Comprendre le fonctionnement de nos sens au cours d’une dégustation et en quoi ils peuvent nous tromper.
- Étudier comment le système olfactif perçoit le monde des arômes, depuis leur détection jusqu’à leur mémorisation.
- Apprendre à décomposer et à verbaliser ses sensations olfactives, gustatives et tactiles
La Métacognition joue un rôle clé dans :
- La prise de décision
- L’apprentissage
- La résolution de problèmes
- La régulation émotionnelle
- L’analyse sensorielle
Les personnes avec une forte métacognition savent reconnaître :
- Quand quelque chose ne fonctionne pas
- Quand une analyse n’est pas juste
- Quand les critères de base d’une analyse ou ses arguments, ne sont pas les bons
- Quand une argumentation est d’origine intellectuelle, culturelle ou sensorielle
- Quand une argumentation est sincère et mesurée ou artificielle, convenante et entendue
Ils peuvent :
- Ajuster leur stratégie
- Éviter de répéter les mêmes erreurs
- Accéder plus facilement à la créativité
- Etoffer leur argumentation
- Combattre les certitudes
- Trier les affects, influences, qui nuisent à une pensée claire et facilement transmissible
La métacognition s’entraîne. Concrètement on peut la développer en :
Faisant une pause consciente avant de réagir en te demandant :
- « Est-ce que cette pensée m’aide vraiment ? »
- « Est-ce ma pensée, ou celle des autres ? »
- « Est-ce une pensée convenante, pour plaire à tous ? »
- « Est-ce la pensée du plus grand nombre ? »
- « Est-ce une pensée immédiate, éphémère ou éternelle »
Repérant quand on réagit ou on répond, à une question posée par automatisme, émotion, éducation, ou en réaction
· « Est-ce une réponse tirée d’un apprentissage, d’une lecture ou d’une longue expérience personnelle fiable ? »
Dit par Albert Einstein : « La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information » ... Partant du principe évident que toute réponse doit être faite « en connaissance » !
Changeant volontairement d’approche quand ça bloque :
En mettant des mots sur son état mental
- Stress à l’idée de devoir donner une réponse rapide dans le cadre d’une dégustation à l’aveugle
- Rumination quant à la certitude d’avoir déjà dégusté ce vin, sans pouvoir l’identifier
- Confusion quant à la profusion de critères rentrant dans l’analyse, appellation, cépage, millésime, vinification grappe entière, macération pelliculaire, sans soufre etc…
En observant ses pensées sans les croire immédiatement
- D’un point de vue neuroscientifique, ces capacités sont liées à l’activation du cortex préfrontal, impliqué dans l’auto-observation et le contrôle exécutif.
- En bref chaque fois qu’on observe son fonctionnement mental au lieu de s’y identifier on renforce sa métacognition.
- Renforcer sa métacognition, peut devenir un objectif, une méthode de raisonnement et d’analyse sensorielle pour renforcer son plaisir et ses sensations en dégustation.
Se poser, fermer les yeux, atteindre un vrai état de ferveur, en machant le vin pour aller au cœur du message qu’il transmet.
Sources : via bran changes
– Fleur, D. S., et al. (2021). Metacognition: Ideas and insights from neuro- and educational sciences. npj Science of Learning
– Terneusen, A., et al. (2024). The many facets of metacognition. Metacognition and Learning
– Jiang, L., et al. (2023). Metacognitive ability and divergent/convergent thinking. Journal of Intelligence
Sujet connexe:
L'expérience et la pratique de la dégustation de vin modulent probablement et favorablement les circuits du cerveau !
Le cerveau des sommeliers et des experts change lorsqu'ils dégustent du vin Par Virginie Galle et Manuel Carreiras :
Il existe des différences structurelles entre le cerveau des sommeliers ou experts et celui des buveurs de vin occasionnels.
Les sommeliers et experts, présentent une activité neuronale modifiée lorsqu'ils dégustent du vin, selon une enquête récemment publiée.
L'étude a été menée par Manuel Carreiras, directeur scientifique du Centre basque sur la cognition, le cerveau et le langage. Au début de son projet, le chercheur était curieux de savoir si une formation et une expérience approfondies se manifestaient dans le cerveau.
Impact de la dégustation de vin sur le cerveau : 28 personnes étudiées
Pour remplir cet objectif, son équipe a constitué une cohorte de 28 adultes en bonne santé ayant une passion pour le vin. Ces personnes ont été réparties en deux groupes : l'un composé de sommeliers expérimentés et l'autre de consommateurs de vin occasionnels et non professionnels. Les deux groupes ont été soigneusement appariés en termes d'âge, de sexe et de niveau d'éducation afin de minimiser les facteurs de confusion potentiels.
Quatre vins espagnols de complexité variable (deux blancs et deux rouges) ont été sélectionnés pour l'étude. Les chercheurs ont ensuite organisé une dégustation de vin à l'aveugle pendant laquelle tous les participants subissaient un scanner cérébral par imagerie à résonance magnétique (IRM).
Un système sophistiqué a été utilisé pour délivrer des quantités précises de vin directement dans la bouche des participants pendant les IRM. Ce système a permis de contrôler l'administration de 0.75 ml de vin par essai, garantissant ainsi une expérience de dégustation cohérente pour toutes les sessions et tous les participants.
Les participants n'ont pas été informés des spécificités des vins qu'ils ont dégustés pendant les IRM, ce qui a permis de s'assurer que leurs réactions n'étaient pas influencées par des idées préconçues.
Cerveau : les sommeliers et experts ont une anisotropie fractionnelle accrue
Au cours de l’expérience, les chercheurs ont observé des différences structurelles dans le cerveau entre les sommeliers et les buveurs de vin occasionnels.
Plus précisément, les sommeliers présentaient une anisotropie fractionnelle (AF) accrue dans trois groupes du faisceau longitudinal supérieur (FLS) droit et dans un groupe du faisceau longitudinal supérieur gauche. Cela indique une connectivité accrue de la matière blanche dans les régions associées à l'intégration des fonctions sensorielles, motrices et cognitives, y compris le langage, la mémoire et les processus exécutifs.
Les sommeliers et experts ont également montré une plus grande activation et une plus grande connectivité dans les zones temporales du cerveau.
Cela indique qu'ils peuvent bénéficier d'une récupération automatisée des informations lexicosémantiques (c'est-à-dire la capacité de relier sans effort les perceptions sensorielles aux mots qui les décrivent) lorsqu'ils dégustent des vins.
En revanche, le groupe témoin présentait une plus grande activation des zones frontales, ce qui suggère une recherche plus laborieuse des informations linguistiques au cours de la dégustation du vin.
"L'étude actuelle est l'une des rares expériences à avoir examiné la structure et le fonctionnement du cerveau des sommeliers pendant les dégustations", concluent les chercheurs.
"Nos résultats indiquent que l'expérience et la pratique de la dégustation de vin modulent probablement les circuits du cerveau".
.png?withoutEnlargement&resize=48,29)
___serialized1.png?etag=W%2F%222f648-1921f0da950%22&sourceContentType=image%2Fpng&ignoreAspectRatio&resize=322%2B181&extract=0%2B0%2B300%2B181)











