Les « Frédéric Emile » et les « Sainte » , deux Joyaux de Riesling de la Maison Trimbach à Ribeauvillé
Ces deux cuvées de Riesling, mythiques de la Maison Trimbach sont fixées sur un registre tranchant et racé, incontestablement structurées mais qui pourront parfois paraitre rabat-joie… Elles peuvent mettre clairement le dégustateur à distance, dans la même veine qu’un Grillet de 20 ans, dans le cas de Clos Sainte Hune…
Ceux qui ne goûtent pas les amers et l’austérité noble et pensent déguster un vin convenant et charmeur doivent passer leur chemin… Nous entrons ici dans le monde des « Riesling de méditation » sans aucune concession au sucre ni au bois… ni aux calembours !... Ces nectars sont le contraire de la volupté ! Austères plus que sensuels ! vous avez le ton de la dégustation, vous entrez ici en Religion !
https://youtu.be/VRJeXK8NOws?si=Yq9u9dep6OxcnLSj L'histoire du Riesling Clos Sainte Hune
La Cuvée Frédéric Emille est une sélection parcellaire et un assemblage des meilleurs Riesling issus des Grands Crus Geisberg and Osterberg sur Ribeauvillé .
Le Clos Sainte- Hune dont le 1er millésime nait à Hunawhir en 1919 (mais de plus vieux millésimes ont été produits sous l’occupation allemande, entre 1870 et 1918 étiquetés “riesling Rosacker”) est une parcelle de pur calcaire sur le Grand Cru Rosacker, d’une superficie de 1,67 hectares, appartenant à la famille Trimbach depuis plus de 200 ans, et produit entre 7 et 8000 blles selon les millésimes.
Pierre Trimbach le situe comme un Grand Cru au cœur du Grand Cru Rosacker : une sélection parcellaire au cœur d’un Grand Cru !
Les vignes âgées de plus de 50 ans se situent sur la partie basse du Grand Cru Rosacker à mi coteaux et sont exposées sud, sud-est « avec l’Eglise de Sainte Hune en lointain point de mire » et en léger dévers sur un des terroirs les plus calcaire d’Alsace … Le terroir calcaire du Clos est dit « calcaire coquillier ou calcaire Muschelkalk » parce que ce « sol à mollusques » contient une importante quantité de coquilles de mollusques très favorables à la culture du Riesling. Cette géologie particulière jointe à un rendement de l’ordre de 40 hectolitres hectare et à une sélection massale, expliquent en partie ce grand vin blanc de France et donc du monde…
Des moutons chanceux ont l’insigne bonheur de paître sur une parcelle du Clos, la première convertie au bio….
La réputation du Clos est telle que les amateurs de Bourgogne disent de lui « C’est la Romanée Conti de l’Alsace… » et les amateurs de Bordeaux le dénomment le Pétrus de l’Alsace …. Enfin Bourguignons et Bordelais sont d’accord sur un point commun ! Anecdote de l’histoire de France Mme De Gaulle achète après-guerre chez Fauchon sa 1ère blle et sera tellement séduite par ce vin qu’elle le fera rentrer à L’Elysée.
Serge Dubs, meilleur sommelier du monde dit du Clos « S’il est un Riesling au monde que tout amateur de vin rêve de goûter et de savourer, c’est bien le Clos Sainte-Hune »
L'église Sainte Hune d'Hunawihr
Le style de la maison est irrémédiablement sec, droit, racé et équilibré : Pour respecter ce style, en dehors des vendanges tardives et sélections de grains nobles, le millésime 1976 de la cuvée Frédéric Eime d’une richesse extrême qui ne convenait pas aux frères Trimbach, fut considérée comme une Vendanges Tardives, comme le millésime 1989 du Clos Saint-Hune issu d’une récolte plus tardive que prévue, commercialisée comme vendanges tardives.
Le Clos Sainte Hune vieillit dans la cave à Ribeauvillé pendant cinq années avant d’être commercialisé. En effet, chez Trimbach, les vins ne sont commercialisés que lorsque l’élevage en bouteille est terminé. Cela peut prendre 5 à 9 ans. « Un élevage s’arrête lorsque le terroir prend le dessus sur le millésime »
Avec une roche-mère affleurante dans le haut du clos, la minéralité est le marqueur présent à chaque millésime. Cette sensation qui ne fait que se renforcer avec le temps a longtemps permis d’équilibrer les sucres parfois résiduels que l’on retrouvait dans les vins des millésimes du XXe siècle, tout en allongeant les fins de bouche.
Le domaine divise le clos en quatre ou cinq parcelles, vendangées à la main. Les vignes les plus jeunes ont aujourd’hui une quarantaine d’années et les plus anciennes ont été plantées avant les années 1950
Pas de bâtonnage pour éviter trop de gras et trop de lourdeur.
Pas de vieillissement en fût de chêne pour éviter ce goût boisé qui cacherait celui du fruit, mais en bouteille pour tous les vins, le plus longtemps possible.
Le vignoble est conduit sans intrant chimique et les pratiques biologiques et biodynamiques entrent de plus en plus dans les vignes.
Les dates de vendanges sont très importantes : » il faut vendanger à maturité, à environ 13° d’alcool en puissance et non en surmaturiré avec du botrytis car cela changerait complètement la structure des vins et induirait du sucre résiduel » l’ennemi des Trimbach pour les vins d’Alsace.
En 1972, 1980,1984, La Maison Trimbach n’a pas produit de Clos Sainte-Hune, comme le fait Yquem en déclassant les années faibles, cette rigueur est une des clefs du succès.
Le Clos Sainte Hune
Avec une roche-mère affleurante dans le haut du clos, la minéralité est le marqueur présent à chaque millésime. Cette sensation qui ne fait que se renforcer avec le temps a longtemps permis d’équilibrer les sucres parfois résiduels que l’on retrouvait dans les vins des millésimes du XXe siècle, tout en allongeant les fins de bouche. Le domaine divise le clos en quatre ou cinq parcelles, vendangées à la main. Les vignes les plus jeunes ont aujourd’hui une quarantaine d’années et les plus anciennes ont été plantées avant les années 1950
Depuis 2023, Trimbach, la grande maison de Ribeauvillé est en pleine mutation avec une nouvelle génération à l’œuvre. Anne et Frédérique, les enfants de Pierre Trimbach, travaillent aux côtés de Pauline et Julien, les enfants de Jean Trimbach. Les vins sont désormais certifiés bio, aussi bien ceux produits à partir des 70 hectares en exploitation que ceux issus des achats de raisins.
La dégustation Entre Deux Verres 2023
Les CSH 2011 et 2009 ne sont pas sur la photo
1.Riesling Trimbach 2018.Comme l’exige le style de la maison, il est vinifié dans un style sec, droit, précis. Des notes terpéniques plantent le premier décor aromatique ( Notes Terpéniques (ou d’hydrocarbure) : Les terpènes (molécules) comprennent également toute la classe des arômes épicés-frais : menthol, résine de conifère, térébenthine, clou de girofle… ou plus marqués naphte, naphtaline- On le sent sur les : sauvignon blanc, petit manseng, riesling, petite arvine, l'arôme pétrolé ou d’aiguille de pin, dans les rieslings (récoltés en sous-maturité) est le TDN (1,1,6-Trimethyl-1,2-dihydronaphthalene)
2.Riesling Frédéric Emile 1995. Issu des Grands Crus Geisberg and Osterberg sur Ribeauvillé Fin et stylé, il paraît plus riche qu’il ne l’est de prime abord mais à l’évolution, on a un filigrane de fraîcheur qui apparaît, il a un côté très aérien, alliant à la fois une très jolie texture et une vivifiante fraîcheur finale, avec des notes d’agrumes très belles, citronnelle, galanga. Beaucoup de noblesse dans l’expression.
3.Clos Sainte Hune 1996. La bouche est très tranchante, marquée par une acidité qui la vertèbre et lui confère cette vibration et cette austérité caractéristiques des grands Ste-Hune. Bien sûr, aucune trace de sucre résiduel n'est décelable. Le style est sans compromission, d'une grande densité, avec une minéralité omniprésente et une finale interminable sur les zestes de pamplemousse. 1996 est un millésime très autoritaire sans concession et porté par son acidité.
4.C.S.H 1998 (année de Botrytis sur plus de 30% de la récolte : Botrytis cinerea : champignon se développe sur les raisins lorsque les conditions climatiques sont humides. Celui-ci peut engendrer une dégradation de la vendange et la perte de la récolte. Mais lorsqu’il est étroitement surveillé, le botrytis cinerea permet au raisin de diminuer sa teneur en eau, de concentrer ses sucres et d’être vendangé tardivement. On l’appelle alors "pourriture noble ») Robe plus dorée, équilibre magistral entre la texture en rondeur et l’acidité vertébrale caractéristique du cru, finale longue et envoutante.
5. C.S.H 2001 (2001 est une grande réussite) Finale dominée par des amers sublimes : citron confit, combava, mandarine. Avec une pointe de Botrytis
6. CSH 2003 un caractère plus sudiste avec des inflexions rhodaniennes (réglisse, amande, guimauve …) La fin de bouche nous ramène vers de beaux amers nobles ou les notes de pomelos et d’agrumes vifs ne manquent pas de classe.
7. CSH 2004. Le millésime (Alors que la fin de l'été annonçait un millésime 2004 magnifique, cette prévision a rapidement été modérée par un long épisode pluvieux juste avant la récolte. A défaut d'être une très grande année, 2004 s'affirme comme un millésime classique) est à peine décelable et des touches d’agrumes confits couvrent cela avec élégance. La bouche est ronde, ample et disons-le, atypique à mes yeux. Beaucoup de mâche, de volume avec un coté facile à boire très addictif ! Enormément de charme
8. C.S.H 2006. Année avec 25% de Botrytis. Nez sur la menthe fraiche, l’anis, les fruits jaunes, la pêche, l’abricot. La bouche est bien en place avec une acidité propre, précise, très saline et sapide, dans une trame tannique en filigrane. Ce vin ne présente pas la moindre fausse note ou faut gout. Nez alliant des notes florales et confites. La bouche est dense, massive, saline sur une très belle structure avec une acidité dans la masse, dans le gras du vin. Très grande et fine amertume sur la finale.
Un pirate voisin :
9. Riesling Clos Windsbuhl Dne Zind-Humbrecht 2008 également sur le haut de la commune d’Hunawihr ! la richesse en magnésium du Windsbuhl peut expliquer un certain ‘grain’ en bouche et une acidité variée. Vignes :42 ans- Terroir : Calcaire coquiller : Muschelkalk exposé sud, sud-est-(Indice :1mentionné par le Domaine) Le « Windsbuhl » est riche en argiles et en roches calcaires. Il est remarquable de noter que le Windsbuhl est plantés sur un terroir tout à fait différent du restant de la commune. La dégradation de ce calcaire par la vie microbienne du sol permet d’obtenir des argiles vraies qui se révèleront très intéressantes dans l’expression de la minéralité des vins issus de ce cru. Finale souvent dominée par des amers sublimes : citron confit, combava, mandarine, herbes infusées, beaucoup d’amers sur les Riesling 2008 !
10.C.S.H 2009 :« le 30ème millésime de Pierre Trimbach » Nez sur le sirop d'orgeat, des notes terpéniques, du fruits confits sur des relents fumés. La bouche est dense, pas trop ferme sur une acidité donnant la juste mesure du Rosacker, terroir calcaire. Bouche également onctueuse, riche et sphérique, la finale est sèche et claque savoureusement le palais. Grande réussite sur ce millésime chaud sur des terroirs profonds et pas trop drainants.
11.Riesling Vendanges Tardives Trimbach 2002 :Les raisins en surmaturation généralement atteints de pourriture noble sont tardivement récoltés dans les meilleures parcelles du Domaine, et seulement dans les années exceptionnelles. Les Vendanges Tardives gardent naturellement du sucre résiduel en parfaite harmonie avec une très belle fraîcheur : ceci leur confère une grande ampleur ainsi qu’une longueur en bouche hors du commun. L’équilibre entre l’acidité constructive et la maturité des Riesling, est savoureux.
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